Créateur

Ma définition du créateur alchimiste, celui qui transmute l'esprit dans la matière !


Pour moi, un créateur est un alchimiste, donc il transmute l’esprit dans la matière. La création lui traverse le corps, donc le créateur crée pour lui, de manière désintéressée. À la base, il n’a pas besoin de vendre ou de montrer sa création. Un créateur met sa création au monde et puis il décide de la porter au monde de son vivant ou via ses héritiers après sa mort. Sauf s'il brûle ou démoli sa création, ce qui lui appartient lui appartient.

Personne ne peut déposséder le créateur de sa création. Personne ne peut être le créateur à la place du créateur.


Un créateur est un créateur tout au long de sa vie. Certains décident d'en faire un choix de vie et une priorité et misent tout sur l'évolution de leur création, ce sont des créateurs professionnels et d'autres n'ont pas le courage de croire en eux et décident de crée à côté.


Profession « Créateur » :


Tout le monde peut être créateur, mais tout le monde ne décide pas d’être créateur professionnel (miser tout sur l’évolution de sa création en s’y consacrant à plein temps), car cela suppose un engagement, des risques, des renoncements et des responsabilités, comme dans n’importe quel métier.


Pour savoir si vous êtes créateur, commencez par vous poser la question de savoir si vous pouvez vous contenter de créer tout seul, avec votre matière première et vos outils de création.

Si vous êtes capable de vous suffire à vous même ? Sans utiliser personne pour créer ? Je compare la création à la mise au monde d’un enfant, on a besoin de personne pour mettre un enfant au monde.


Scénariste, écrivains, romancier oui, ce sont des créateurs, mais metteur en scène, si ce n'est pas vous qui avez créé l'histoire alors vous êtes l’interprète de la création, d'ailleurs on voit bien qu'un metteur en scène dépend des autres, donc je dirais non, le metteur en scène n'est pas un créateur, même s'il fait appel à la créativité et à l'imagination.


Un créateur met au monde sa création et puis il peut disparaitre.

Et c’est quelqu’un d’autre qui exécute la création pour qu’elle puisse être montrée au public et bien la personne qui exécute la création, n’est pas le créateur. Parfois c’est la même personne qui met au monde la création et qui travaille ensuite pour la mettre en scène, en chorégraphie, en ballet, en concerto, en documentaire, en film, peu importe, ce n’est pas l’acte de création, c’est l’acte de post-création. Dans ce cas, différents post-créateurs peuvent mettre en oeuvre la même création, sous le filtre de leur propre interprétation, ce qui revient à dire que le post-créateur est un interprète. Par contre personne ne peut être créateur à la place du créateur.


Le metteur en scène, le chorégraphe dépendent de quelque chose à mettre en scène. Ce quelque chose n’est ni un outils, ni de la matière première. En fait le metteur en scène est dépendant d’une création à mettre en scène, à moins que d’être le créateur de la création à mettre en scène, le metteur en scène n’est donc pas un créateur, parce qu’une mise en scène n’est pas une création mais une post-création. Donc le réalisateur n'est pas créateur comme son nom l'indique. Sauf si le réalisateur a écrit l'histoire qu’il réalise, alors il a les deux casquettes.


Cette manière de déterminer si un créateur est un créateur, m'appartient. Moi c'est comme ça que je définis la création, mais tout le monde à sa définition de la création.


Un coiffeur s'estime certainement créateur à chaque fois qu'il crée un nouveau style à la personne à qui il coupe les cheveux. Mais mettez un coiffeur tout seul dans une pièce avec une paire de ciseaux, est-ce que la création existe encore?


Pour moi la création ne peut pas être une modification de la création d’un autre créateur. Un chirurgien esthétique qui transforme le visage d’une personne n’est pas un créateur.


Et pour bien différencier encore la création alchimique de toutes les autres créations, une fois consommée, la création ne disparait pas, la création n’a pas de péremption, la création est universelle. Sauf les créations éphémères composées de matières qui se dégradent avec le temps, ou de non-matière comme la lumière, mais la photo de la création éphémère peut la prolonger dans le temps.


Un cuisinier n’est pas un créateur car une fois consommée sa création disparait. Quand vous avez consommé une pièce de théâtre l’écriture de cette pièce ne disparait jamais.


Donc pour moi le photographe n’est pas un créateur mais un technicien, comme un caméraman. Sauf s’il se sert de la matière photo (pixel) comme matière première, comme de la terre glaise pour transformer cette matière en création nouvelle qui n’existerait pas sans son créateur. Un photographe qui fait de la mise en scène, utilise un vase, un papier-peint, un modèle, c'est à dire qu'il utilise toutes les créations des autres, donc il fait de la post création. La création d'un créateur alchimiste part de zéro, elle peut s'inspirer d'une autre création, mais pas utiliser les créations des autres créateurs, sinon c'est l'interprétation des créations des autres. Le photographe ne devient pas le créateur de tout ce qu’il capture dans sa boite en cliquant sur un bouton !

Donc un photographe peut être soit créateur, soit interprète, soit technicien !


Un DJ n’existe pas sans un public, un compositeur oui ! Un DJ utilise les créations des autres, un compositeur crée ses propres créations. Donc non un dj n’est pas un créateur.


Reste à déterminer si un styliste et un designer et un architecte sont des créateurs, il suffit de savoir si on veut faire entrer les créateurs d’art fonctionnel et utilitaire dans la catégorie des créateurs alchimistes. Sachant que la création est crée dans le but d’être utile et sera vendue essentiellement pour son aspect utilitaire et fonctionnel et que la création profite alors d’un réseaux de commercialisation propre à l’objet de consommation. Les créateurs d’objets fonctionnels sont tributaires d’un consommateur, donc j’en reviens à ma première définition qui suppose que le créateur ne crée pas pour vendre et qu’il ne dépend de personne pour créer. Un architecte ne va pas dessiner une maison juste pour qu’on la regarde, son intention est qu’on utilise sa création. Donc non, je ne mettrais pas les créateurs utilitaires dans la définition des créateurs alchimistes. Ni même les inventeurs d’objets qui font pourtant preuve de beaucoup de créativité.


La création de valeur alchimique contient un ingrédient indispensable, c’est l’esprit du créateur. Ce qui fait que l’on peut identifier le créateur au travers de sa création qui lui est propre à lui tout seul.

Et pour ce qui est des co-créateurs, la question ne se pose pas puisque qu’avant de pouvoir être co-créateur, il faut être soi-même un créateur. Donc le co-créateur est induit par le créateur.


Quand aux créateurs conceptuel, ils sont vraiment rares et précieux les créateurs de concepts innovants. Il faut se lever tôt pour créer un nouveau concept qui n’a jamais été pensé auparavant. Pour moi ce qui concerne le monde des idées et de la pensée, c’est plutôt de l’ordre de la philosophie et justement, je fais la distinction entre un créateur et un philosophe, puisqu’un créateur est comme un philosophe qui transmute l’esprit dans la matière. Je dirais qu’un philosophe qui couche sa philosophie sur papier est devenu un créateur puisqu’il a transmuté l’esprit dans la matière, c’est à dire qu’il a porté sa philosophie au monde pour la partager (ou pas).


Toute personne qui écrit un livre n’est pas forcément un créateur, mais toute perso­­­nne qui écrit de la musique est forcément un créateur. La création est la descente de l’esprit dans la matière. Faire descendre une recette de cuisine sur papier n’est pas une descente d’esprit dans la matière, mais une descente de matière dans la matière.


Remarque sur la co-création. Personnellement, je ne suis jamais arrivée à co-créer. J’observe que les créateurs qui s’associent pour faire une co-création, le font dans le but de mettre les carnets d’adresses en communs, c’est donc bien souvent une démarche motivée par la rentabilité plutôt qu’une démarche motivée par la création.


En résumé un créateur alchimiste ne dépend de personne, il dépend juste de la matière première et de l'outil de création, qui vont lui servir à ancrer l’esprit dans la matière. Le créateur ne crée pas avec l’intention de vendre, il crée pour lui.



 

Les écoles d'art :


Il y a beaucoup d'élèves dans les « écoles d'art », mais ce ne sont pas pour autant des créateurs, car être créateur cela ne s'apprend pas. On peut juste apprendre et perfectionner un outil de création ou d'interprétation ou de technique. C'est comme s'il existait des écoles pour apprendre à mettre un enfant au monde ! Qu’on appelle les écoles d’art plutôt « école d'apprentissages des outils et des techniques de la création ». Pour former les techniciens et les interprètes. Je n'ai pas fait d'école d'art mais j'en ai visité, et parfois je me dis que l'on devrait appeler certaines sections : centre d'accueil pour enfants de riches, ou asile psychiatrique, ou centre d'accueil pour élèves atypiques, ou pour adolescents paumés, ou centre occupationnel. J'en ai un peu marre de cette hypocrisie autour des écoles d'art, je trouve que c'est un business frauduleux, je trouve qu’on leurre les étudiants et qu'on vole les parents. Faites des statistiques pour savoir combien de créateurs belges qui produisent aujourd'hui sont sortis d'une école d'art et combien sont autodidactes? Je parle des créateurs et pas des interprètes et des techniciens, qui eux, pour la plupart sortent d'une école (mais pas forcément) ! Je serais curieuse de savoir dans quelle proportion les écoles d'art belges produisent des créateurs professionnels ? Le seul intérêt de faire une école d'art, c'est de se créer un réseau, quand on est autodidacte, on est isolé.




13 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout